Francesco
Marino Di Teana
 

 

La méditation de Frédéric 

Frédéric II de Hohenstaufen (1194 - 1250), 
Empereur du Saint Empire, 
Roi de Germanie, Roi de Provence-Bourgogne, Roi de Naples et des deux Siciles, Roi de Jérusalem.
 

 

"La méditation de Frederic est une véritable sculpture peinte et géométrisée. Les formes somatiques de l'Empereur sont composée de nombreux polyèdres, de telle sorte que Federico apparaît réellement comme un homme "tetragonal" confronté au déchirement et à la souffrance liés à ses multiples intérêts : la politique, la culture, la science, la philosophie, la médecine et l'art. 

 

Fréderic est présenté à genoux, entouré de deux lignes incirvées blanches lumineuses qui suggère l'idée de l'œuf. ces rayons représentent l'énergie cosmique qui a forgé Frédéric et lui a permis d'éclore en le projetant dans le monde afin qu'il accomplisse sa mission de politicien, législateur, humaniste, homme d'histoire et chercheur." 

 

Giovanni Percoco, Marino di Teana, la pittura i disegni, ouvrage réalisé par Valentino Vitale, Ed. Consiglio Regionale di Basilicata, 2017 

Les rapports de Marino avec l’Histoire sont d’autant plus étonnants qu’ils sont le résultat d’un parcours identitaire et culturel unique. 

Celui d’une vie hors du commun où il dut apprendre à se construire en trois langues et dans trois pays différents et se battre pour acquérir des connaissances qui lui étaient au départ inaccessibles, se forgeant un destin auquel personne ne croyait, le coeur partagé entre une mystique populaire inculquée dès sa plus tendre enfance et un esprit pragmatique et rationnel dont la nature l’avait étrangement doté. 

 

Pour lui, petite et grande histoire se rejoignaient toujours dans les coïncidences et les parallèles. C’est ainsi qu’il reconnu son destin mêlé de misère et de grandeur en découvrant celui de l’Empereur Frédéric II de Hohenstaufen, empereur des Romains et roi de Sicile qui fut orphelin à trois ans et parvint, à force de détermination à échapper à la manipulation du pape pour régner toute sa vie avec sagesse et tolérance. Un homme de lettres et de sciences, qui parlait six langues, était érudit, pacifiste et possédait un avant-gardisme indiscutable. 

Un « héros » pour Marino qui allait lui rendre hommage tout au long de sa vie. 

 

Malika VINOT, 

Extrait du Catalogue Raisonné de Francesco Marino di Teana sur la peinture, à paraître 

Le tableau présenté qui a été vendu chez TAJAN, est une des études que l’artiste a réalisées entre 1980 et 1999 sur le thème de la méditation de Frédéric. 

 

On y voit l’empereur agenouillé, en pleine méditation, dans une composition basée sur le nombre d’or. Il est intéressant de noter que non seulement la divine proportion était un thème qui en soi fascinait particulièrement Marino di Teana, tant dans sa perpective esthétique que dans sa dimension mathématique (en lien avec la nature) et cosmologique, mais qu’il était de plus directement lié à Frédéric II. 

 

 

L’Empereur, passionné de sciences, s’intéressait en effet beaucoup au travail de Fibonacci, grand mathématicien du XIIIe siècle dont la suite qui porte son nom est composée de nombres consécutifs qui tendent vers le nombre d’or. Les deux hommes se rencontrèrent ainsi à diverses reprises au cours de défis mathématiques pour échanger et confronter leurs connaissances. 

 

Avec ce petit tableau Marino di Teana, avide de culture et de connaissance, réussit ainsi le tour de force de nous plonger au cœur du XIIIe siècle pour nous offrir une belle leçon d’histoire et d’esthétique. 

 

La forme a désormais rejoint le fond. Elle s’est nourrie du passé pour mieux exploiter le présent, créer des liens, entre un artiste et sa muse, un empereur ayant vécu il y a près de 1000 ans. 

La méditation de Frederic 

Huile, pastel et crayon gras sur papier Arches encollé sur bois, daté signé. 

H53 x 41 cm, 1980. 

 

Meditazione di Federico, studio praparatorio 

Pastel et crayon gras sur papier, daté signé. 

H40 x 25 cm 

 

«Cette image est une structure, c'est un monument, c'est un édifice; vous pouvez imaginer mille choses. 

 

Et il y a un château. Je le mets parce que Federico était le constructeur de 230 châteaux. Alors j'ai mis un château là-bas pour créer un dialogue avec un ami, ou avoir une certaine confession, voire même une confession avec l’espace". 

 

Marino di Teana, 1992, Propos recueillis par Giovanni Percoco 

 

Le grand tableau La méditation de Frederic  

Huile, pastel et crayon gras sur papier Arches encollé sur bois, daté signé. 

125 x 95 cm, 1980. 

 

Fiche à télécharger ici