Le point de départ de l'histoire en résumé :
En 2014, FIAC Grand Palais, je visite les stands et je vois tout d’un coup la sculpture Aube de Marino di Teana sur le stand de la galerie Eva Presenhuber de Genève. Elle est strictement IDENTIQUE de la pièce acquise et exposées par le musée d'Art de Neuchatel, mais elle est… en plastique !
Jamais Di Teana n’a utilisé une quelconque résine pour réaliser ses sculptures.
Alors je demande,
- c’est une sculpture de Di Teana ?
- non, c’est une pièce de Valentin Carron.
- Ah non, c’est Marino di Teana…
Attendez, je demande à la directrice. L’employée revient, soutiens que c’est valentin Carron, et que Di Teana… il est mort.
Mauvaise explication.
Le directeur de la galerie Gimpel & Müller envoie un huissier pour constater, et la promenade commence.
Valentin Carron, un artiste de la région de Valais en Suisse, représenté par la galerie Eva Presenhuber de Genève ou la galerie Kamel Mennour à Paris, réalise une appropriation de la sculpture "Aube" de Marino di Teana*. La sculpture est exposée à la FIAC Paris et à Zurich par la Galerie Eva Presenhuberen la renommant " The Dawn "
L'artiste Valentin Carron est touché en découvrant une sculpture en acier corten de Marino di Teana, qui se trouve sur le parvis du Musée d'Art et d'Histoire de la ville de Neuchâtel en Suisse.Particulièrement sensibilisé par la simplicité, mais aussi par l'équilibre et la monumentalité de cette pièce, l'artiste Valaisan décide d'en faire une appropriation. La sculpture Aube est pourtant au milieu d'autres œuvres (Ramseyer, Crivelli, Henry Presset ...), mais Valentin Carron choisit cette forme qui l'inspire le plus.
A l'aide d'un simple mètre, Valentin Carron recréé la sculpture originale en résine. La taille de la sculpture, la patine couleur oxyde de l'acier Corten et même la base sculptée dans la pierre par Di Teana, sont réalisées avec une grande habileté.
Ceci étant, cette forme d'art conceptuel a soulevé une question : "plagiat ou appropriation, quelle est la limite ? " Le problème étant que le nom de Marino di Teana ne soit même pas cité.
Le sujet étant d'actualité, et ce concept artistique étant déja utilsé par d'autres artistes célèbres, le galeriste Kamel Mennour propose et organise une émission de radio sur France Culture avec Arnaud Laporte : LA DISPUTE ENTRE BRACONNAGE ET CATHARSIS: Les questions liées à la représentation par l'appropriation en art.
Cette émission, enregistrée en public dans l'amphithéâtre de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts à Paris, a permis de s'expliquer et d'éviter un procès comme le dit la presse artistique " œuvre plagiée, procès évité " ou "Valentin Carron évite le procès en reconnaissant un "oubli" .
Son œuvre sera d'ailleurs rebaptisée "The dawn, after Marino di Teana".